Objet de l’étude
Dans le cadre de la mise en place d’un réseau international de
traducteurs et interprètes pour le français », l’Organisation
internationale de la Francophonie (OIF) recrute un consultant pour
mener une étude qui consistera à :
- Dresser un état des lieux des besoins en termes de traduction
et d'interprétation au sein des grandes organisations
internationales partenaires de l’OIF, ayant leur siège en
Afrique et le français comme une des langues de travail et/ou
officielles ;
- Identifier un ou deux centres de formation africains proposant
des cursus de traduction et interprétation depuis et vers le
français, avec lesquels l’OIF pourra travailler en synergie en
vue du réajustement de leurs parcours de formation en fonction
des paramètres qui auront été dégagés de l’état des lieux dans
les organisations ciblées par l’étude.
L’étude tiendra compte des rapports et de la littérature déjà
existants sur le sujet, et des acquis du Projet africain (notamment
l'étude de Noël Muylle, Language matters (2008), les rapports des
deux conférences panafricaines - 2009 et 2012 -, les rapports de
mission sur le continent africain des responsables de la Direction
langue française de l’OIF).
Elle devra donner lieu à des propositions concrètes de mesures à
mettre en œuvre dans le ou les centres de formation identifiés. Des
passerelles seront établies entre ces centres de formation et les
organisations internationales, en vue de répondre aux besoins de ces
dernières par une interprétation et une traduction de qualité, que
le français fasse figure de langue cible ou de langue source.
Profil du consultant
Le consultant sera un docteur en linguistique, doté d’au moins dix
années d’expérience dans le domaine de la coopération internationale
linguistique, ayant en outre une bonne connaissance du terrain
africain et de la Francophonie ainsi qu’une sensibilité particulière
pour les questions touchant à la traduction et l’interprétation. Il
sera mis en contact avec des professionnels de la traduction et de
l’interprétation et experts de renom qui pourront l’accompagner dans
son travail de recherche.
Les candidatures sont à adresser à M. Iyade KHALAF, spécialiste
de programme « Langue française dans les organisations
internationales » par voie électronique (iyade.khalaf@francophonie.org)
avant le 18 mars 2013.
L’étude sera réalisée en deux temps (état des lieux dans les
organisations internationales et identification des centres de
formation) sur une période de
60 jours de travail à prester.
L’expert percevra des
honoraires de 13 950 € pour la
réalisation de cette étude, qui
débutera le 02 avril 2013 et
devra être achevée avant le 02 juillet 2013.
Contenu et tâches à réaliser dans le cadre de l'étude
S’agissant du premier volet "Etude de l'offre et de la demande en
termes d'interprétation et de traduction dans les organisations
internationales", le consultant déterminera les besoins des grandes
organisations internationales présentes en Afrique, ayant besoin
d'interprétation ou de traduction vers et depuis le français.
L’enquête portera sur les organisations suivantes :
- Commission de l’Union africaine (Addis-Abeba) ;
- Cour africaine des Droits de l’homme et des peuples (Arusha) ;
- Communauté des États d’Afrique de l’Est – EAC (Arusha) ;
- Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest
(Abuja) ;
- Common Market for Eastern and Southern Africa (Lusaka) ;
- Southern African Development Community (Gaborone).
Après s’être appuyé sur la littérature déjà existante sur le sujet
et citée ci-dessus, le consultant mènera d’abord son travail
d’enquête, au moyen d’entretiens téléphoniques (ou via skype) avec
les responsables des différents services d'interprétation et de
traduction des organisations cibles dont les coordonnées lui seront
fournies au préalable par l’OIF. Des contacts seront à établir au
plus vite (courriel, téléphone…), en coordination avec l’OIF, pour
annoncer le travail d’enquête.
Afin d’avoir un panorama complet de la situation de l'interprétation
et de la traduction dans les organisations cibles, les entretiens
menés viseront à récolter les données quantifiables et tangibles
suivantes :
- couples de langues demandés en traduction et interprétation ;
- volume annuel de textes traduits pour chaque couple de langues
;
- nombre annuel d'heures d'interprétation simultanée pour chaque
couple ;
- profil d'études des interprètes et traducteurs actuels ;
- difficultés récurrentes observées dans la pratique quotidienne
;
- répartition entre les différentes catégories du personnel
linguistique (statutaires, contractuels, free- lance);
- procédures de recrutement, compétences et qualifications
requises ;
- possibilités de stages pour les étudiants et les jeunes
diplômés ;
- niveau de rémunération ;
- matériel d'interprétation disponible, logiciels de TAO
utilisés;
- ressources métalinguistiques utilisées (dictionnaires, bases
de données terminologiques, mémoires de traduction...) ;
- besoins futurs en termes de compétences attendues, couples de
langues, d’outils d'aide à la traduction et de matériel
d'interprétation.
Pour compléter ce travail d’enquête à distance, deux visites sur le
terrain des services de traduction et d'interprétation de la CUA et
de la CEDEAO (ayant respectivement leur siège à Addis- Abeba et
Abuja) seront envisagées.
Cette mission sur le terrain permettra d’affiner les résultats qui
auront été recueillis lors des entretiens à distance, d’interroger
les traducteurs et interprètes travaillant pour ces organismes et
d'être à l'écoute de leurs difficultés dans l'exercice de leur
métier.
Une fois toutes les données recueillies, le consultant, en dialogue
avec l’OIF et les experts et universitaires qui pourront l’encadrer,
entreprendra un travail de synthèse et d’analyse des données sous la
forme d’un rapport à remettre à l’OIF.
S’agissant du deuxième volet « État des cursus de traduction et
interprétation actuellement organisés sur le continent africain »,
le consultant établira dans un premier temps un état des lieux des
projets académiques déjà existants ou en cours d’élaboration sur le
continent africain, dans le champ de l’interprétation et de la
traduction, en se focalisant sur les cursus où le français est une
langue A, B ou C.
Ensuite, à partir des résultats de l’enquête relative au premier
volet de l’étude et des besoins qui auront été identifiés dans les
organisations ciblées par l’étude, le consultant suggérera un ou
deux centres de formation en vue du réajustement et de la
labellisation de leurs cursus, selon des normes internationales, et
avec lesquels l’OIF travaillera en synergie pour l’atteinte des
objectifs fixés par le projet de réseau de traducteurs et
interprètes pour le français.
Dans son travail d’analyse des cursus de traduction et
d’interprétation déjà existants, le consultant pourra s’appuyer sur
les différents rapports qui ont couvert certaines formations
dispensées dans le champ de la traduction et de l’interprétation
(tels que le rapport de M. Noël Muylle) et sur les cursus mis en
place dans le cadre du Projet africain. Il mènera ensuite son
travail d’enquête, au moyen d’entretiens téléphoniques (ou via
skype) avec les chefs des différents établissements ciblées par
l’étude. Des contacts seront à établir au plus vite (courriel,
téléphone…), en coordination avec l’OIF, pour annoncer le travail
d’enquête.
Pour avoir un panorama complet de l’état de la formation en
traduction et interprétation sur le continent africain, les
entretiens menés viseront à récolter les données quantifiables et
tangibles suivantes :
- langues A, B et C ;
- locaux et infrastructure (bibliothèque, laboratoires de
langue, cabines d'interprétation, ordinateurs et logiciels de
TAO) : état des lieux et besoins ;
- profil et compétences des équipes enseignantes ;
- programme des cours et descriptifs ;
- objectifs de formation (compétences et qualifications) ;
- mode de sélection des étudiants ;
- nombre de diplômés par filière ;
- étude des débouchés des diplômés ;
- difficultés rencontrées par les formateurs et besoins
institutionnels ;
- contact avec les institutions internationales.
A l’instar du premier volet de cette étude, une ou deux visites sur
le terrain viendront compléter le travail entrepris à distance.
Cette mission sur le terrain permettra d’affiner les résultats qui
auront été recueillis lors des entretiens à distance, de vérifier
l’applicabilité des exigences contenues dans les labels
internationaux et d’interroger dirigeants et enseignants sur les
difficultés rencontrées.
Une fois toutes les données recueillies, le consultant, en dialogue
avec l’OIF et les experts et universitaires qui pourront l’encadrer,
entreprendra un travail de synthèse et d’analyse des données sous la
forme d’un deuxième rapport à remettre à l’OIF
Le cursus mis en place à l’université de Ouagadougou dans le cadre
du Projet africain pourrait servir de référence pour le deuxième
volet de cette étude. Un tel choix sera à affiner en fonction des
résultats obtenus dans le premier volet de l’étude.
Synthèse des données
La synthèse des données et des résultats obtenus dans chacun des
volets de l’enquête doit permettre de formuler des propositions
concrètes dans le cadre de la mise en place du réseau de traducteurs
et interprètes pour le français.
Ces propositions concerneront :
- les organisations internationales dans la perspective d’une
mise en œuvre de processus de médiation linguistique de qualité
garantissant l'usage effectif de la langue française comme
langue de travail ;
- les écoles de traduction et d’interprétation en vue de la
conception de cursus adéquats conformes aux exigences
internationales de qualité, tout en tenant compte des
spécificités des écoles visées et des besoins identifiés au sein
des organisations internationales ;
- l'OIF en vue de la mise en place avec d’autres partenaires
(tels que l’AUF) de programmes concrets d'accompagnement
d'écoles considérées comme pilotes dans la perspective d’une
labellisation de ces dernières.
Au terme de l'étude, une réunion de concertation avec les membres du
réseau de traducteurs et interprètes pour le français sera organisée
par l'OIF pour valider le contenu des conclusions et recommandations
et envisager leur mise en œuvre.